VOLTAIRE (1694-1778)/MARMONTEL (1723-1799), philosophes

Lettre autographe signée de Marmontel, à Maisons près Charenton, le 20 octobre 1769, adressée à Voltaire. Adresse autographe. Pliures, quelques rousseurs.

Magnifique lettre amicale et philosophique remplie de l’admiration que porte Marmontel à Voltaire.

« J’étais dans le ravissement, mon illustre Maïtre de l’espérance qu’on m’avait donnée de vous voir à paris, je quiteois la campagne pour aller m’assurer de la bonne nouvelle, et m’en réjouir avec nos amis. Voilà notre bonheur évanoui comme un songe, ah pourquoi ne venez vous pas ? Ce serait une grande fête pour votre patrie, et surtout pour les gens de lettres dignes de ce nom ! Vous êtes leur père et leur roi. […] A Paris, vous trouveriez votre buste sur le prie-dieu de tous les philosophes, nous l’adorons comme les grecs sacrifioiens aux graces. […] S’il ne nous inspire pas le génie, il nous inspire le courage et l’amour de l’humanité.

Mon bon Maître, il n’est pas permis à tous les hommes d’être grands, mais ils peuvent tous être bons, et vous contribuez à les rendre tels, plus que n’a fait personne au monde. Votre influence est la plus étendue et la plus puissante que la nature ait jamais donnée à un esprit sur tous les esprits. Mais personne ne vous doit tant que les gens de lettres que vous avez formés. Quelle différence, du côté des Lumières, et que l’élévation d’âme dans les écrits, entre le siècle présent et le passé ! Comme la vérité a levé la tête et marche d’un pas ferme et sûr ! Vous avez été son soutien, venez voir vos enfants, venez les voir unis, venez jouir de leur tendresse […]

MARMONTEL

Je loge chez mon ancienne amie Mlle Clairon, cela fait comme vous croyez bien tout le bonheure de ma vie, et nous y chantons vos louanges.»

La rencontre de Voltaire et Marmontel remonte au début des années 1740 : Marmontel se présente au concours de l’Académie des Jeux floraux, sans être distingué. De dépit, il écrit à Voltaire, qui lui répond très aimablement. Tels sont les prémices d’une amitié sans nuage qui durera jusqu’à la mort de Voltaire.

La lettre que nous proposons est répertoriée dans la correspondance officielle de Marmontel. La réponse de Voltaire nous est parvenue, nous la reproduisons (dernière image).

PRIX : 800 EUR