Napoléon BONAPARTE (1769-1821), Empereur

ENSEMBLE DE  2 LETTRES DEPUIS L’ILE D’ELBE :

  • Lettre signée « Np », La Madone [Ile d’Elbe], 4 septembre 1814, adressée au Maréchal Bertrand

1 page et demie in-4, tranches dorées, bel état mais signature un peu pâle

Intéressante lettre INEDITE écrite au moment même où la célèbre maîtresse polonaise de Napoléon, la Comtesse Marie Walewska quitte l’Ile d’Elbe après un court séjour entre le 1er et le 3 septembre passé en compagnie de l’Empereur et de leur enfant Alexandre. L’ermitage de la Madone est alors le cadre de ces amours. L’Empereur reprend le lendemain ses activités normales, aménage ses résidences et y organise même des fêtes, bien loin de l’accablement qu’imaginent nombre de biographes. Sa mère Laetizia, désignée ici par le nom de Madame, le suit dans ses périples :

« Monsieur le Comte Bertrand, j’irai à Longone [fort de Longone, l’une des résidences octroyées à Napoléon] le 7 pour y être à la fête le 8. Pendant ce temps j’irai à Rio [Rio Marina] et camper à Jure. Il faut meubler Longone. Je fais partir demain sur la Caroline [l’un des bateaux qui servira au retour de l’Aigle en mars 1815 !] deux lits de fer. Je ferai partir le 7 les 2 autres lits de fer, le linge et la batterie de cuisine qui est ici. Envoyez à Longone un lustre pour le salon, quelques lampes de verre et un réverbère, une douzaine de gravures et le lit en fer de Madame. Faîtes-y faire 10 lits de sangle. Faîtes-y placer les rideaux. Envoyez quelques meubles si vous en avez qui soient destinés pour cette maison. Le Sr Rebuffat [riche habitant de l’Ile d’Elbe qui avait acquis la confiance de Napoléon sur place] prêtera ce qui manquerait. Envoyez-y mardi Ferdinand [le chef de cuisine de Napoléon évoqué dans les Mémoire de Marchand] et 2 huissiers pour tout arranger. Madame viendra avec moi. Il faudra envoyer un supplément d’argenterie pour qu’avec celle que j’ai ici, on puisse servir une table de 15 couverts. Faites faire pour le Capitaine Deschamps [adjudant du Palais de l’Ile d’Elbe] l’état de ce qu’il faut pour Longone, de ce qui sera fourni pour Madame par le garde-meuble et par Rebuffa. Les lits de fer, y compris celui de Madame, serviront pour Madame et ses deux Dames. Si la fête de Longone est un peu propre, faîtes-y inviter quelques Dames et les officiers de la garde.

NAPOLEON »

  • Une seconde lettre, dictée par Napoléon mais non signée, relative aux dépenses futiles occasionnées par l’arrivée de sa mère Laetizia et de sa sœur Pauline à l’Ile d’Elbe (non datée, probablement vers début novembre 1814, au moment de l’arrivée de Pauline à Elbe) :

« Monsieur le Comte Bertrand, l’arrivée de Madame et celle de la Princesse Pauline entraînent dans les tables de la maison une dépense considérable. Les femmes de garde-robe de la Princesse Pauline demandent a à être nourries chez elle, autorisées par l’exemple des femmes de chambre de Madame. Pour faire cesser tout cela, je vous prie de faire exécuter sur le champ le règlement suivant. Donnez l’ordre qu’on renvoie le cuisinier Pierre et tous les employés extraordinaires. Je n’en veux aucun. Donnez également l’ordre qu’on renvoie Dalbano, Bonaccio, et Scharaschi, qui sont inutiles. Il leur sera donné une gratification d’un mois de leurs gages. »

Intéressante plongée dans l’atmosphère de la Cour de Napoléon à l’Ile d’Elbe.

PRIX : 2200 EUR