[Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau (1749-1791), écrivain et Homme politique]

Lettre autographe signée d’Étienne de Polverel, accusateur public, Paris, le 2 avril 1791

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L’ordre officiel de faire pratiquer l’autopsie du cadavre de Mirabeau, le jour même de sa mort, afin de répondre aux rumeurs d’empoisonnement.

Mirabeau meurt brutalement, après une courte et subite maladie non identifiée, le 2 avril 1791. Alors qu’il est impliqué dans les affaires publiques et qu’il soutient en secret la cause monarchiste, ses prises de position, dangereuses en pleine Révolution, lui valent bien des inimitiés. Le caractère soudain de sa mort, dans la force de l’âge, laissent ainsi penser à un assassinat. Face a l’émotion suscitée par cette disparition, l’accusateur public décide de convoquer des médecins afin de procéder à l’autopsie. C’est le document que nous proposons.

Sur son réquisitoire, le Tribunal du 1er arrondissement vient d’ordonner que « demain au soir, cinq heures  en présence d’un commissaire nommé par le tribunal, de deux notables adjoints, de l’accusateur public, des parens et de six voisins du défunt, il sera procédé par Monsieur Fourcroi médecin, le chirurgien de la municipalité, le chirurgien major de la cavalerie nationale, et de deux chirurgiens attachés au tribunal, à l’ouverture et visite du cadavre de feu M. Riquetti l’aîné, ci-devant Mirabeau« . Il termine sa lettre en ordonnant la convocation des personnes citées.

C’est ainsi que le lendemain, et ce en présence non seulement des médecins nommés, mais encore d’une quarantaine d’autres, le corps de Mirabeau fut ouvert sous une tente dans le jardin attenant à la maison. L’examen élimine toute éventualité d’un empoisonnement et relève une inflammation du pericarde, cause probable de la mort. Les révolutionnaires peuvent dormir en paix.

Le corps est alors emmené au Pantheon, d’où il sera néanmoins exclu en 1794 lorsque sont découverts ses liens secrets avec la famille royale. 

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