[Charles-François DUMOURIEZ (1739-1823), militaire] /Joseph-Etienne RICHARD (1761-1834), homme politique

Lettre autographe signée « Richard, Commissaire de la Convention Nationale», Angers, 7 avril an II

Format in-8. Rousseurs éparses.

Intéressant témoignage d’un membre de la Convention Nationale sur l’échec de la trahison de Dumouriez et sa fuite avec le futur Louis-Philippe.

« Nous vous annonçons, camarades, que nous apprenons de Paris que Dumouriez le traître a fait de vains efforts pour égarer l’armée, il en a été méprisé. Nos braves défenseurs ont partagé l’indignation de la République entière. L’infâme n’a eu que le temps de se sauver avec Egalité fils aîné [Louis-Philippe, futur Roi des Français, fils aîné de Philippe Egalité], les deux Thouvenot [le Colonel Pierre THOUVENOT et son frère le Maréchal de camp Jacques THOUVENOT], le Commissaire ordonnateur [mot illisible] et une centaine d’hommes, ainsi la République est sauvée, et la trahison n’a tourné que contre le traître. Salut et fraternité. RICHARD, Commissaire de la Convention Nationale »

Dumouriez essaye, dès 1792, de défendre Louis XVI, auquel il n’est pas hostile, mais il se voit rabroué par le nouveau pouvoir en place. En outre, sa volonté, en tant que commandant de l’Armée du Nord, de créer une république indépendante en Belgique – alors sous le joug autrichien – va à l’encontre des vues de la Convention. Sa défaite contre les Autrichiens à Neerwinden en mars 1793 lui attire encore davantage les foudres de la Convention, qui décide de le traduire devant le Tribunal Révolutionnaire. C’est alors qu’il entre en négociations avec l’adversaire, notamment avec le Prince de Cobourg, auquel il explique vouloir marcher sur Paris pour libérer Louis XVII et rétablir une monarchie constitutionnelle. Le 31 mars, des envoyés de la Convention viennent le chercher pour l’arrêter, mais la situation se retourne : les émissaires sont arrêtés par les fidèles de Dumouriez et livrés aux Autrichiens. C’est à ce moment que la Convention lance ses troupes à la poursuite de Dumouriez et de ses soldats. Abandonné par ses troupes, Dumouriez s’enfuira en Autriche, puis il trouvera asile dans différents pays d’Europe jusqu’à sa mort.

Le futur Louis-Philippe, alors Duc de Chartres, âgé de 16 ans, est à l’époque attiré par les idées révolutionnaires et par le club des Jacobins dont il suit les séances. Mais l’exécution du Roi le bouleverse et il devient rapidement suspect en tant que membre de la famille royale. Il choisit, non sans inquiétude, de suivre Dumouriez dans son projet, ce qui lui vaudra d’être considéré comme un traître à la patrie. Dans le même temps, son père Philippe Egalité sera condamné à mort. Il faudra attendre la Restauration pour qu’il puisse revenir en France et incarner une alternative modérée à Louis XVIII puis à Charles X jusqu’à sa prise de pouvoir en 1830.

PRIX : 350 EUR