Christoph Martin Wieland (1733-1813), poète, écrivain et éditeur

Lettre autographe signée (deux fois), Osmanstatt, le 1er septembre 1797, adressée à un « très cher Monsieur », en allemand

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Très rare lettre du grand écrivain de l’Aufklärung, les Lumières allemandes. Christoph Martin Wieland, ami de Goethe et membre fondateur du cénacle de Weimar qui rayonna sur toute l’Allemagne aux XVIIIe et XIXe siècle. Madame de Staël, dans son ouvrage « de l’Allemagne » compare son importance à celle de Voltaire en France. Ses traces écrites sont particulièrement rares.

Dans cette missive, il règle une affaire financière et fait part de son retour à Weimar.

« P[raemissis] P[raemittendis]*

Hochgeehrteste Herren,

Dero Avis vom 30st pass[ato] zu folge ersuche dieselben hiemit ergebenst, gegen die angeschlossene doppelte Quittung, die Fl. 200, Reichsvaluta, welche Sie Nahmens Her. Bernhard Wanzel in Frankfurt am Mayn, an mich zu zahlen sich bereit erklärt haben, der Person, welche Ihnen gegenwärtiges überbringen wird, gefälligst Abfolgen zu lassen zu Händen.

Ihres ganz ergebensten Diener

C. M. Wieland

Osmanstatt 1. Sept 1797

P. S.

Der 3. Sept[ember]

Ich schicke Ihnen dieses zu, weil ich späte eben selbst nach Weimar gekom[m]en bin. Da heute kein Zahltag ist, so ersuche ich f. f. bloß, das Geld mit Gelegenheit zusam[m]en zu machen und bereit zu halten, bis ich es in dieser Woche abhohlen lasse. W[ieland] »

*Formule latine, dont l’équivalent serait « les changements nécessaires ayant été faits », elle est souvent mise en tête des lettres officielles de manière automatique, sans signification réelle.

Nous proposons la traduction suivante :

« Très cher Monsieur,

Conformément à votre avis du 30 du mois dernier, je vous prie par la présente de bien vouloir remettre, contre le double de la quittance ci-joint, les 200 florins, en monnaie d’Empire, que vous vous êtes engagés à me verser au nom de M. Bernhard Wanzel à Francfort-sur-le-Main. Ayez l’obligeance d’en faire la remise entre les mains de la personne qui sera porteur de la présente.

Votre très dévoué serviteur

C. M. Wieland

Oßmannstedt, le 1er septembre 1797

P. S.

Le 3 septembre

Je vous envoie ceci, parce que je ne suis moi-même arrivé que tard à Weimar. Comme aujourd’hui ce n’est ici pas jour de paiement, je vous prie simplement de bien vouloir, à l’occasion, réunir l’argent et de le tenir prêt jusqu’à ce que je le fasse retirer dans le courant de la semaine. W[ieland]. »

La ville d’où Wieland écrit cette lettre est aujourd’hui nommée Ossmannstedt, à quelques kilomètres de Weimar. C’est dans cette maison que Wieland écrivit nombre de ses ouvrages, dans une atmosphère bucolique et artistique, recevant régulièrement ses amis écrivains et intellectuels.

La maison de Wieland, toujours conservée, est actuellement un musée consacré au grand auteur, qui y est enterré avec sa femme.

Très rare.